Sanlioc's chronicles

17 novembre 2012

[Roman] Le Pays Fantôme

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Bien que rien ne l'indique sur la couverture, Le Pays Fantôme est bel est bien la suite de l'Entité 0247. On retrouve donc le duo du tome précédent, à savoir Paige Campbell, travaillant toujours pour l'organisation Tangent, chargée d'étudier la brèche ainsi que les objets qui en sortent, et Travis Chase qui a préféré s'éloigner de l'organisation pour mener une vie plus sûre.

Mais ce qu'a découvert Tangent au sujet d'une des entités change considérablement la situation, au point de subir une attaque ordonnée par le président des Etats-Unis lui même. Paige se retrouve donc prisonnière mais parvient à appeler en derniers recours Travis par l'intermédiaire de Bethany Stewart, travaillant elle aussi pour tangent et qui viendra compléter le duo. Nos deux sauveteurs, possédant un exemplaires de l'entité source de toutes convoitises, apprendront son fonctionnement, son utilité et y découvriront un réalité effrayante. C'est donc une vraie course contre la montre qui va s'engager, pour dans un premier temps arracher Paige aux mains de ses ravisseurs mais également sauver le monde. Tout simplement...


Patrick Lee va utiliser les mêmes recettes que celles du premier tome, un récit nerveux, bourré d'action, des personnages charismatiques, travaillés et un mystère toujours aussi grand entourant les entités de la brèche. Le récit et son dénouement sera certes moins surprenant que celui de l'entité 0247 mais il faut avouer que ce second tome est très efficace, déjà familiarisé avec l'univers de Patrick lee, le lecteur retrouve très rapidement ses marques et peut rapidement se perdre avec plaisir en conjectures et autres hypothèses.

Après la lecture des deux romans sur tangent, on ne peut s'empêcher d'y trouver un petit côté "pulp" très agréable, où nos héros deviennent des explorateurs des temps modernes, découvrant des contrées et réalités inconnues de tous où se joue le sort du monde entier. Pourtant l'auteur évite une fois de plus tout manichéisme, toute leçon de morale qui auraient pu gâcher la lecture. Car c'est, arrivé à la dernière page, le plaisir d'avoir lu un excellent roman qui prédomine. On ne peut s'mpêcher d'imaginer ce que va encore découvrir tangent et qui pourra menacer une nouvelle fois le sort de la planète...

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[Roman] Le cycle d'Alamänder tome 3 : Le Xéol

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Le troisième tome du cycle d'Alamänder est arrivé! Enfin, nous avons pu découvrir la suite des aventures (mésaventures plutôt?) de Jonas notre questeur fraîchement nationalisé afin de servir le roi Kung-Boréen. Autant le dire tout de suite, les jours paisibles ne sont pas encore au rendez-vous pour Jonas et ses nouveaux amis.


En effet, Après avoir défait un ennemi redoutable, voici que le groupe subit une attaque coordonnée de ses voisins Mehnzotains et Xéols. C'est donc un récit de guerre qui ponctue une grande partie de ce tome. Une guerre dont les héros tentent de s'en extraire tant bien que mal (et plutôt mal que bien d'ailleurs). Autant notre petit groupe de protagonistes n'a jamais été ménagé lors des tomes précédents, qu'ils essaient cette fois-ci juste d'échapper à l'extermination. Rien ne leur sera épargné, pour notre plus grand plaisir d'ailleurs dois-je avouer.


Car il s'agit là d'un des nombreux mérites de l'auteur, Alexis Flamand. Totalement imprévisible, au paroxisme des standards habituels. Chaque page est une véritable surprise et ce dès le résumé! De plus, l'auteur se paie le luxe de jouer avec son lecteur et même de l'embrouiller! Déjà le récit en lui même nous apporte beaucoup de plaisir, de sourires voire quelques rires, mais la forme du récit en elle même parvient à nous offrir le même résultat.


Le retour au premier plan de Retzel, le démon de poche du Questeur, apporte beaucoup à ce troisième tome. et on croit de moins en moins à la théorie du faible démon invité à cause d'une invocation mal maîtrisée. Dans le même temps, la mythologie du monde d'Alamänder continue de se mettre en place, et il semblerait que les dieux aient quelques petites surprises à offrir. Malgré trois tomes très prenants, il semblerait donc que le cycle d'Alamänder ne soit pas prêt de s'essoufler et nous promet encore de très bons moments de lecture.

13 octobre 2012

[Teaser] La dernière Terre Tome 1 : L'enfant Merehdian

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Une fois n'est pas coutume, voici un petit teaser d'un roman très attendu chez Sanlioc's Chronicles! La Dernière Terre, roman de Magali Villeneuve paraîtra courant novembre aux Editions de l'Homme Sans Nom.

Pour le moment, peu de choses filtrent sur l'histoire, ce sera une série de Dark Fantasy en six tomes se déroulant dans un univers plutôt réaliste. L'ambiance sera, à n'en pas douter, une des grandes forces du roman.

Devant l'engouement entourant la sortie du premier tome, l'éditeur a décidé de mettre en place des précommandes qui s'ouvriront le 17 octobre.
Pour les personnes dont le teaser séduira, voici quelques liens pour patienter!
Site de l'éditeur : http://editions-hsn.fr/
Site du roman : http://www.laderniereterre.com/
Blog de l'auteure : http://projet.ldt.over-blog.com/
A bientôt pour reparler de ce premier tome qui sera bien entendu chroniquer sur ce site!

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12 octobre 2012

[Roman] Blitz Tome 1 : Black-out

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Une couverture de seconde guerre mondiale, des historiens retournant dans le passé pour observer les événements marquants de l'humanité, il n'en fallait pas plus pour éveiller chez moi des espoirs de paradoxes temporels et d'uchronie. Je me suis donc littéralement jeté sur l'ouvrage de Connie Willis en m'imaginant déjà lire un ouvrage digne d'un Philip K. Dick! Grave erreur de ma part, l'auteure du roman ne semble pas du tout obsédé par les mêmes thèmes que ce maître de la Science-Fiction, mais toutefois son histoire reste étrangement entraînante et passionnante...

Pourquoi étrangement? Car n'espérez pas lire un ouvrage de Science-Fiction! Hormis les premiers chapitres pour poser son sujet et présenter ces historiens de la fin du vingt-et-unième siècle, devant se préparer à la hâte pour ne pas trahir leurs origines futuristes lors de leurs missions, l'histoire se concentrera au Londres du printemps 1940. Nous suivrons donc trois historiens, coupés des leurs et de leur époque, dans leurs missions d'observations respectives. Cependant cette époque est dangereuse à plus d'un titre, et malgré leurs nombreuses précautions, ils vont se retrouver à participer à certains événements mineurs. Cela ne pose pas de problème, car le temps s'auto-régule et empêche quiconque de modifier le passé en interdisant l'accès à des points sensibles où la moindre action extérieure altérerait les évènements futurs.

Cependant, lorsque ces historiens réalisent qu'ils ne peuvent retourner à leur époque, que leur point d'extraction ne s'ouvre plus et qu'aucune équipe de récupération n'accoure à leur secours, les questions commencent à se poser. Et si l'histoire était en train de changer. En effet, si la majorité des événements se déroulent comme prévu par les récit d'histoire, il semble y avoir quelques petites anomalies subtiles. S'engage alors une quête pour comprendre ce qui se déroule autour d'eux et tenter de retourner à leur époque.

Black-Out ne fait absolument pas dans le spectaculaire, on suit les personnages, leurs actions, leurs craintes, leurs interactions avec le monde et les personnes qu'ils observent. Une routine dans laquelle Connie Willis distille délicatement quelques intrigues, qui finalement, obsèdent le lecteur. Il y a réellement une intelligence dans l'histoire de ce roman, le lecteur se retrouve impliqué, que ce soit dans le quotidien de 1940 ou dans les changements possibles de l'histoire. Et dans le même temps, au fil de la lecture du livre, il y a un petit côté de frustration, du fait de ne pas avoir les cartes en main pour appréhender l'ensemble de l'intrigue, de ne pas avoir réellement de réponses sur ce qu'il se passe. Pourquoi ne peuvent-ils pas repartir? Le passé est-il en train de se modifier ou non? Que se passe-t-il en 2060?

Et pourtant, il est difficile d'arrêter la lecture de ce premier tome, et ce pour plusieurs raisons. Connie Willis prend son lecteur pour une personne intelligente. En ne lui offrant que des bribes d'informations, toutefois justes suffisantes pour l'accrocher, le faire réfléchir. On veut savoir ce qu'il se trame, on élabore des hypothèses, et malgré le nombre incalculable de fois où le sujet du voyage temporel a été traité, il est impossible de trouver une réponse convenable. De plus, de par sa description de l'Angleterre de 1940, les comportements des londoniens lors du Black-Out, c'est réellement un voyage dans le passé qui nous est offert, sans jamais avoir l'impression de suivre un cours d'histoire inutile et barbant, un réel tour de force tout en subtilité. Enfin, le dernier chapitre de ce premier tome, nous ouvre la voie à d'autres perspectives, d'autres mystères même si on peut deviner quel personnage se retrouve impliqué, à moins que Connie Willis parvienne une fois de plus à nous surprendre...

Pour le savoir, il n'y a plus qu'à attendre patiemment la suite, mais en attendant je vous souhaite un bon retour vers le passé avec ce livre passionant qu'est Black-Out :)

09 octobre 2012

[Roman] Chronique du tueur de roi : La peur du Sage

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Dire que La Peur du sage était attendue par les fans est un doux euphémisme. Ce second tome était pourtant prêt à la sortie du premier opus, mais c'étant sans compter sur son succès. Ce qui a poussé l'auteur et son éditeur outre-atlantique à revoir leur copie. En résulte un ouvrage enrichi, bien plus épais qu'il ne pouvait l'être à l'origine, et ceci à tel point que l'éditeur français a décidé de scinder l'ouvrage en deux parties. Plutôt que de proposer un pavé peu pratique à ses lecteurs, Bragelonne a donc édité la première partie du second tome des Chroniques du tueur de roi cet automne avant de nous offrir la seconde partie fin octobre.

C'était donc avec impatience qu'on attendait la suite des mémoire de Kvothe, comment il allait quitter l'université et ce qu'il ferait par la suite. Car c'est bien ce qui était annoncé, le talentueux étudiant de l'université de magie devait la quitter, ou bien se faire renvoyer suite à une énième bravade contre certains de ses détracteurs, professeurs ou élèves. Et Patrick Rothfuss ne déçoit pas, jamais il ne tombe dans les stéréotypes du genre, que ce soit dans le traitement de ses personnages ou dans les différentes situations décrites. Même les moments forts du roman parviennent à nous surprendre, nous amenant constamment aux situations que l'on imaginait pas.

Kvothe évolue donc durant le récit, il parvient à nouer de belles amitiés, à s'attirer de dangereuses adversités, à balbutier ses rencontres amoureuses, bref apprend la vie dans tous ses aspects positifs ou non. Patrick Rothfuss n'épargne donc pas son héros, qui parvient à nous faire éprouver des sentiments antagonistes envers Kvothe, si brillant et pourtant si naïf par moments. En tout cas, jamais le lecteur n'est indifférent au sort qui est réservé au personnage. Il est toujours bon signe pour un roman de voir ses lecteurs vibrer avec le héros page après page.


Mais l'auteur n'oublie pas, qu'en dehors des mémoires du héros principal, il doit développer également une situation présente où bien au chaud et en sécurité (?) dans leur auberge, Kvothe préservant son anonymat auprès des riverains essaie de les aider face aux événements sombres qui ne manquent pas de s'annoncer.

L'écriture de Patrick Rothfuss est d'ailleurs toujours aussi fluide et agréable, d'une simplicité et efficacité déconcertantes qui obligent le lecteur à fermer l'ouvrage avec frustration, forcé de devoir patienter avant de reprendre son voyage en compagnie de Kvothe, Edema Ruh et Arcaniste de son état. Un voyage dont je vous invite à découvrir au plus vite.

 

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17 août 2012

[Interview] 10 Questions à... Alexis Flamand

Ce n'est pas peu fier que je lance aujourd'hui une nouvelle rubrique sur Sanlioc's Chronicles. Désormais, en plus de vous proposer quelques critiques des oeuvres de différents supports que j'ai apprécié (ou pas, ça pourrait arriver ^^ ), vous pourrez découvrir ci-dessous la première interview recueillie sur ces pages.


Pour inaugurer cette rubrique, c'est Alexis Flamand, auteur du cycle d'Alamänder dont les deux premiers tomes, sont parus aux éditions de l'Homme Sans Nom, qui a très gentiment accepté de répondre à 10 petites questions. En remerciant Alexis de son temps et de sa gentillesse et en espérant que cette nouvelle rubrique vous plaira....

 

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(photo par Eillea Ticemon)

 

 

Bonjour Alexis tout d’abord merci beaucoup de m’accorder un peu de ton temps, et pour commencer, peux-tu te présenter et nous expliquer comment en es-tu arrivé à écrire un (et même plusieurs) livre ?

 

Lorsqu’on commence à écrire, il y a souvent une conjonction de facteurs.

 

En premier lieu, je lisais énormément de romans de SFF quand j’étais jeune. Mon premier roman de ce type (Le Hobbit) fut une révélation, et je n’ai cessé d’en lire depuis. On peut dire que ce genre a fait de moi ce que je suis aujourd’hui : un adulte geek immature. Ces livres ont fait plus que nourrir mon imagination, ils m’ont permis de faire passer des périodes parfois difficiles de ma vie d’adolescent.

Me mettre à écrire, c’était en quelque sorte payer une partie de ma dette à tous ces auteurs qui m’ont émerveillé. C’était aussi avoir la joie de rejoindre cette grande famille qui m’a tant donné et me fait encore vibrer !

 

La seconde raison est que, il y a quelques années, j’ai commencé à pester lorsque je lisais les 4e de couverture des romans de Fantasy. J’ai eu l’impression, à tort ou à raison, que l’âge d’or de la Fantasy était derrière nous et qu’il s’agissait à présent non plus de proposer une vision d’auteur à des lecteurs, mais un produit formaté à destination d’une cible marketing. Où étaient passés l’imagination flamboyante d’un Zelazny, le talent de conteur et l’originalité d’un Vance, le sens de l’épopée et de l’humain d’un Leiber ?

Après le succès mérité de Tolkien, il me semblait que le plus important était à présent de fourguer un maximum d’orcs, d’elfes et de nains à destination d’un lectorat aussi peu respecté que l’est le genre lui-même. Pourquoi une telle stratégie commerciale ? Parce qu’il est toujours plus facile de vendre du pré-mâché que de l’original.

Je l’avoue, cet état d’esprit est encore le mien aujourd’hui. Même s’il existe des exceptions de grande qualité à ce phénomène, de manière générale, j’ai l’impression que les lecteurs sont gavés de sous-Tolkien, une soupe très digeste mais qui ne nourrit pas.

Face à cette irritation, je me suis dit que je n’avais qu’à arrêter de râler, me prendre par la main et proposer le genre de roman que j’aimerais lire.

Même si l’on peut discuter de ce ressenti négatif, je ne regrette pas de l’avoir éprouvé, tout simplement parce que c’est grâce à lui que je me suis lancé !


Comment est né l’univers d’Alamänder ? Je suis curieux de savoir comment on invente un monde aussi riche et on peut imaginer que certaines idées peuvent nous amener à connaître quelques anecdotes !

 

Désolé de revenir là-dessus, mais si le monde d’Alamänder est souvent décrit comme riche est touffu, c’est d’abord par comparaison avec les univers étriqués et interchangeables qui sont mis en avant aujourd’hui : au royaume des aveugles…

Alors que la science-fiction a gagné en maturité, en originalité, en qualité d’écriture, la Fantasy s’est resserrée autour de quelques thèmes de base et tourne en rond. C’est totalement paradoxal, car ce genre devrait au contraire être une porte vers l’imagination la plus débridée et les univers les plus originaux !

Si la SF avait suivi le même chemin que la Fantasy, en ce moment, nous lirions tous des histoires avec des vers géants sur une planète des sables, et l’on aurait du sous-Dune à toutes les sauces comme on a des dragons plein nos tiroirs…

Bien sûr, l’originalité existe en Fantasy, mais elle n’est pas mise en avant. Que les lecteurs se penchent sur les Neuf Princes d’Ambre, dans lequel on ne compte que des humains mais qui est d’une puissance d’évocation incroyable, ou sur le cycle de la Terre Mourante, et ils auront une idée plus précise de ce que devrait être la Fantasy.

 

Pour revenir à la question, l’univers d’Alamänder s’est construit peu à peu, pendant l’écriture. Quand j’ai débuté le premier chapitre, j’avais une idée très vague de là où j’allais. Ensuite, au fur et à mesure que les pages défilaient, j’ai peu à peu ajouté des éléments, des créatures, des fils d’intrigue, que je m’efforçais de rendre cohérents avec ce que j’avais déjà écrit. Ce souci d’homogénéité est évidemment devenu de plus en plus complexe à gérer au fur et à mesure des ajouts. Mais cette volonté de relier entre elles mes idées a constitué une sorte de ciment qui a, je pense, crédibilisé le tout et impulsé un élan.

Ensuite, vers le milieu du premier tome, j’ai laissé tomber ce processus erratique et j’ai passé plusieurs mois à développer le synopsis complet du cycle, avec ses révélations et ses rebondissements. Cela m’a permis de dégager une direction générale et de gagner encore en cohérence.

Sur la question de savoir comment on invente un monde, la réponse risque d’être décevante : si je le savais, je serais beaucoup plus riche que je ne le suis. David Lynch dit que les idées sont des papillons que l’on réussit parfois à attraper. King, lui, compare l’inspiration à une muse qui, sans sourciller, viendrait se soulager sur notre  tête. Même si la première image est beaucoup plus poétique que la seconde, il reste difficile de savoir d’où viennent les idées. L’instant d’avant, il n’y a rien, et puis on se dit d’un coup qu’un champ de blé carnivore ou un poulpe terrestre, ça pourrait être rien chouette. On part alors sur cette piste et on tente de lui donner corps.

 

D’une manière plus générale, le processus de l’inspiration et de la créativité sont avant tout des phénomènes inconscients. Je dis souvent que l’imagination est un recyclage de talents, avec un double sens pour le mot talent : d’une part, on recrache avec sa propre sensibilité les idées des autres, mais il faut aussi le faire avec talent, sans se contenter de recopier ce qui a déjà été fait. Cette vampirisation s’effectue dans tous les domaines, et un auteur peut aussi bien se nourrir de ce qu’il trouve dans le cinéma, les jeux vidéo, la littérature ou même la musique ! Un disque comme Amarok, de Mike Oldfield, est en lui-même un monde que l’on peut parcourir à loisir avec des sensations différentes que celles qu’on a l’habitude d’utiliser.

 

Côté anecdote, j’en ai une que je raconte régulièrement. Je déjeunais avec ma femme et nous parlions de toute autre chose qu’Alamänder lorsque celle-ci s’est soudain arrêtée de parler, m’a dévisagé et m’a dit de but en blanc : « mais en fait, Retzel, c’est toi ! »

Vous imaginez ma tête quand on connaît le personnage…

 


Peux-tu nous indiquer combien il y aura de tomes dans ce cycle et si d’autres cycles issus de cet univers sont en prévision ?

 

En tant que lecteur, je n’apprécie pas du tout d’être mené en bateau dans des cycles interminables qui ne traduisent de la part de l’auteur que sa paresse ou son appât du gain. Pas question pour moi, dans ces conditions, de prendre en otage mes lecteurs avec dix ou quinze tomes, avec le risque potentiel que la saga ne se termine jamais ou qu’il y ait tellement de longueurs que le 15e tome finisse par tomber des mains.

Alamänder comptera donc 5 tomes, 6 maximum. L’intégralité de l’histoire est écrite, au moins dans ma tête. Elle a un début et une fin, et il serait inutile, voire irrespectueux de chercher à prolonger une saga qui se suffit à elle-même. Et lorsque l’histoire sera terminée, je partirai vers d’autres univers et d’autres intrigues. Il y en a tant ! Pourquoi continuer à maintenir un univers en respiration artificielle quand tant d’autres peuvent être créés ?



Le cycle d’Alamänder est vraiment un roman de Fantasy fantaisiste, on pourrait le rapprocher de l’humour d’un Terry Pratchett notamment. Est-ce une comparaison que tu entends régulièrement ? Est-ce une source d’inspiration ou pas du tout ? (oui je triche, il y a deux questions en une !)

 

Je n’ai lu qu’un ou deux livres de Terry Pratchett. J’aime beaucoup son humour anglais, mais j’ai l’impression que cet humour est si ravageur qu’il mange parfois un peu l’histoire, ou que cette histoire n’est là que comme prétexte à lancer des blagues.

Ce que j’aimerais de mon côté, c’est que l’intrigue soit avant tout au centre du cycle. S’il y a de l’humour, c’est en surcouche mais celle-ci ne doit pas remplacer l’histoire.

Être comparé à Pratchett est un grand, grand honneur. Je pense que cette comparaison imméritée vient du fait qu’il y a tellement peu d’humour en Fantasy que lorsque vous en mettez dans vos romans, il est naturel d’être comparé à la référence du genre !

 

On peut d’ailleurs se demander pourquoi la Fantasy compte si peu d’humour dans ses pages. La réponse est simple : les héros en Fantasy traditionnelle sont des archétypes, des individus restés au premier degré du courage ou de la méchanceté. Ils sont peu nuancés, donc peu sujets à l’humour. L’héroïsme prime sur la légèreté, ce qui est bien dommage car l’un n’empêche pas l’autre. Quand on revoit une saga héroïque comme Star Wars, on se rend compte que ces films sont bourrés d’humour. Même chose pour Indiana Jones, qui alterne séquences comiques et dramatiques. Il est bien dommage que la Fantasy actuelle ne soit pas assez mûre pour rire d’elle-même. C’est un symptôme supplémentaire de la régression du genre dont je parlais précédemment. Mais encore une fois, ce ne fut pas toujours le cas ! Il suffit de se pencher sur des ouvrages tels que la saga de Cugel, de Jack Vance, ou le Cycle des Épées de Leiber pour s’en convaincre.



J’ai pu voir sur le ton site internet (
http://alamander.fr/) qu’un jeu de rôle sur l’univers est à disposition, est-ce un loisir que tu pratiques encore régulièrement ? Envisages-tu de publier ce jeu chez un éditeur ?

 

Je joue aux jeux de rôle depuis 1984, j’ai commencé avec MEGA et je n’ai jamais arrêté depuis ! C’est dire si c’est un loisir qui me passionne. A mon sens, le jeu de rôle est la grande invention ludique du 20e siècle, avec le jeu vidéo. Peu d’autres activités font autant appel à l’imagination, à l’improvisation, au théâtre, à la discussion tout en proposant une immersion rarement rencontrée ailleurs.

En ce moment, je joue à DD4 en tant que maître de jeu et à Warhammer en tant que joueur, et je projette de faire jouer à l’Appel de Cthulhu dès que j’en aurai l’occasion.

 

Dans ces conditions, on peut se douter que créer un jeu de rôle dans l’univers d’Alamänder est le prolongement naturel des romans. Je n’ai pas encore commencé son écriture, bien que j’aie déjà mis en place une première version des règles sur le site. Lorsque le cycle sera bien avancé ou terminé, je commencerai l’écriture du jeu et le développement de l’univers au-delà des évènements décrits dans les romans. Je préfère en effet ne pas courir deux skorjs à la fois et débuter la rédaction du jeu lorsque je pourrai y consacrer plus de temps que je ne peux le faire maintenant. Je n’ai donc pas encore démarché les éditeurs de jeu de rôle, même si j’ai déjà reçu d’ores et déjà une proposition d’édition. Une chose est sûre : je suis très excité à l’idée de pouvoir un jour proposer le jeu de rôle Alamänder ! Le milieu du JDR en France est extrêmement riche, et les productions sont souvent de très grande qualité. J’en découvre tous les jours de nouvelles !

 

Une question que l’on se pose, lorsqu’on est écrivain, a-t-on encore le temps de lire d’autres romans ? D’ailleurs, quels sont tes derniers romans favoris ? (oui on prend des conseils de lecture chez Sanlioc’s Chronicles ! (et ça c’est de l’auto-promotion j’avoue !))

 

L’écriture me demande beaucoup de temps, aussi bien en écriture qu’en réécriture et relecture. Je n’ai donc guère le temps de lire et je le regrette vivement. Mon dernier roman est Le Fléau, de Stephen King. Je lis aussi de temps à autre des nouvelles de Jack Vance inédites.

Quant au dernier roman qui m’a marqué, il s’agit du couple Éon et Éternité, de Greg Bear. Ces deux romans de SF sont parfaitement stupéfiants, bien écrits, décrivant une technologie fabuleuse, avec des tonnes d’idées par page. Totalement ahurissants de maîtrise !

 


J’ai eu la chance de te rencontrer lors du Comic-Con et j’ai pu constater que tu étais très abordable et sympathique (oui je sais utiliser la technique du brossage dans le sens du poil). Comment se passent les rencontres avec tes lecteurs ? Es-tu parvenu à rallier de nombreux fidèles ?

 

J’en ai autant à ton sujet (rien de tel qu’un petit retour de brosse pour se faire des copains).

Je suis avant tout un passionné de tout ce qui touche à l’imaginaire, je considère que pouvoir partager cette passion, entre autres sur les salons, est une sacrée chance et un privilège. Mes rencontres sont donc des échanges entre enthousiastes de la SFF ou entre geeks accros à la création.

Rallier de nombreux fidèles ? Cela m’ennuierait ! Je préfère me faire des potes dans les salons que des fans. Cela permet de ne pas créer un rapport auteur/lecteur, mais une relation de passionné de SFF à passionné de SFF, beaucoup plus intéressante de mon point de vue en ce qui concerne les échanges.

D’autre part, j’ai toujours pensé qu’il est toujours plus intéressant de se pencher sur les livres d’un auteur plutôt que sur celui-ci. Les risques d’être déçus sont beaucoup moins importants. J

 


Il semblerait (si l’on en croit ton éditeur) que tu sois enseignant, avec un humour pareil les élèves ne doivent pas trop s’ennuyer je pense ? Tu ne pratiquerais pas un enrôlement de masses pour les armées de Kung-Bohr tout de même ? Une couverture d’espionnage de notre monde peut-être ?

 

Je suis instituteur, en effet. Mais comme tout le monde, je joue plusieurs rôles sociaux dans ma vie. Il m’arrive bien sûr de plaisanter avec mes élèves, mais je suis surtout là pour faire en sorte que les apprentissages se fassent de la manière la plus efficace possible dans une ambiance chaleureuse mais sérieuse. Je suis donc très différent dans ma profession que je ne le suis dans la vie civile J, à tel point qu’un lecteur sur un salon aurait peut-être du mal à me reconnaître quand je suis en classe !

Quant à la domination du monde, c’est évidemment dans mes projets. Tu comprendras que je ne puisse en dire plus, je te renvoie donc à ma biographie des 4e de couverture : « Il écrit des romans réalistes sur sa galaxie, que les humains considèrent comme des récits imaginaires de SF ou de Fantasy. Il espère qu’un jour ses compatriotes tomberont sur l’un de ses écrits et viendront enfin coloniser notre ex-belle planète. »

Ne compte pas sur moi pour t’en dire plus, chien de terrien !



Quels sont tes autres projets en dehors du cycle d’Alamänder ? Peut-être un petit scoop pour les (encore bien trop rares) lecteurs du blog ???

 

Le cycle est pour le moment une priorité. Ensuite, direction le jeu de rôle. Enfin, quand la page Alamänder sera tournée, j’écrirai sur d’autres types d’univers, plutôt fantastiques ou SF cette fois, et plutôt jeunesse.

En dehors de l’écriture, je suis un passionné d’images de synthèse, j’écris entre autres des revues techniques sur des logiciels 3D. Je suis aussi l’un des administrateurs du site www.3Dsaloon.fr, un repaire de passionnés de graphisme. J’aimerais donc plus tard créer d’autres images 3D car j’adore ça ! C’est pour cette raison qu’Alexandre Dainche et Magali Villeneuve m’ont offert de participer à un encart d’illustrations sur leur roman, La Dernière Terre, à paraître bientôt chez L’Homme Sans Nom, ma maison d’édition. C’est là un bien grand honneur… et un petit scoop pour les lecteurs de Sanlioc ! J


Le mot de la fin ?

J’aimerais profiter de cette conclusion pour saluer un auteur qui nous a récemment quittés, Roland C. Wagner. Cet hommage peut paraître étrange quand on sait que je n’ai jamais lu de roman de cet écrivain. Pourtant, il a joué un rôle non négligeable dans mes lectures, tout simplement parce qu’il tenait, il y a de nombreuses années de cela, une chronique SFF dans la première génération du magazine Casus Belli, bien connu des rôlistes. Ses « inspi-bouquins » étaient de longues chroniques détaillées, très bien écrites, qui ouvraient des horizons à l’heure où internet n’existait pas. Je lui dois quelques-unes de mes plus belles lectures, et il est certain qu’il a de manière indirecte permis de me fabriquer en tant que lecteur, donc en tant qu’auteur. Quelque doit l’endroit où il réside actuellement, je tenais à l’en remercier !

Enfin, je te remercie chaleureusement de m’avoir permis de m’étaler dans tes colonnes et je te souhaite de très, très nombreux lecteurs !

15 août 2012

[Cinéma] Total recall : mémoires programmées

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En 1990, le public découvrait l'une des premières adaptations de nouvelles de l'écrivain culte Philip K.Dick, adaptation très libre avec Arnold Schwarzeneger dans le rôle principal et une partie de l'action se déroulant sur la planète Mars. Personnellement j'en garde un souvenir un peu amer entre la démonstration de muscles de Schwarzie et une fantaisie malvenue dans l'univers de l'auteur.

Et voici qu'arrive le remake du film, ou plutôt je dirai une nouvelle adaptation de la nouvelle "Souvenirs à vendre", exit la planète Mars et ses mutants ainsi que le ton décalé du film de Paul Verhoeven. Cependant, la difficulté d'un remake résidant surtout dans le fait que le spectateur, s'il a vu la première version, sera difficile à surprendre, Len Wiseman joue la carte de l'action et plonge très rapidement son public dans l'intrigue.L'histoire se déroule donc dans le futur où suite à une guerre mondiale chimique, la Terre ne connaît plus que deux territoires habitables, l'Union Fédérale Britannique et la colonie à l'autre bout du globe. les habitants de la colonie, constituée essentiellement de la classe populaire, viennent travailler chaque jour dans le Royaume via "la chute", un ascenseur qui traverse la planète. On suit donc Douglas Quaid un ouvrier qui se languit de sa routine quotidienne. Il va donc chercher les services d'une société qui propose de constituer des souvenirs synthétiques dans le cerveau de ses clients , Recall. Cependant, les souvenirs que la sociétés va lui implanter vont entrer en conflit avec sa mémoire actuelle, présentant des similitudes à la grande surprise de Quaid ne se souvenant de rien. Sa vie va basculer très vite puisqu'une unité de police arrive l'interpeler en vain, puisqu'elle succombera aux talents nouvellement ressurgis du héros. 

On retrouve très vite l'univers de Philip K;Dick et les thématiques qui lui sont chères, le fait de jouer avec la mémoire de ses héros étant une habitude chez lui (Substance Mort, Paycheck...). De plus, le film nous offre de très jolis panoramas futuristes qui ne sont pas sans rappeler ceux de Steven Spielberg pour Minority Report (dans lequel jouait Colin Farell également). Au niveau des acteurs, tous s'en sortent très bien, les trois principaux protagonistes joués par Colin Farell, Kate Beckinsale et Jessica Biel sont bien traités et parviennent à délivre de très bonnes scènes. Celle où se retrouvant encerclé, Douglas Quaid se voit persuadé que ce qu'il est en train de vivre ne se passe que dans sa mémoire est vraiment intéressante et on ignore son dénouement.

Cependant, on peut regretter que ce Total Recall : Mémoires Programmées a des allures d'un mélange entre La Mémoire Dans La Peau et Minority Report, on ne peut s'empécher de penser que Douglas Quaid ressemble quand même fortement à Jason Bourne que ce soit dans le comportement et les aptitudes. De plus, l'action et les courses poursuites prennent souvent le pas sur l'intrigue. Si cela permet d'offrir un rythme soutenu, on a l'impression que l'intrigue et le développement des personnages sont parfois laissés de côté.

Malgré cela, ce remake de Total Recall s'avère être un bon film, moins intrigant que d'autres adaptations de Philip K.Dick (A scanner Darkly, 2009 : Losts Memories, Minority Report) mais permet de passer un très bon moment au cinéma.

12 août 2012

[Cinéma] Batman - The Dark Knight Rises

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Dire que ce troisième volet des aventures de Batman était attendu est un euphémisme tant ce dernier opus a déchaîné les passions sur le web. On aura d'ailleurs assisté à un énième affrontement entre fans et critiques cinématographiques en France tant les premiers refusent toute critique tandis que les second font preuve d'un narcissisme et d'un chauvinisme particulièrement détestable.

Pourtant le second opus : The Dark Knight avait fait l'unanimité malgré une seconde partie du film manquant de rythme, Le décès de Heath Ledger juste avant la sortie du film n'y étant pas étrangère. Ainsi tout le monde s'est accordé pour élever le film au panthéon du film du super-héros et pourtant...The Dark Knight Rises surpasse totalement ses deux prédécesseurs, en terme d'intensité, d'intrigue, de connexion avec notre monde, d'évolutions des personnages, de rythme... C'est une véritable apothéose que nous offre Christopher Nolan.

Huit années se sont déroulées depuis le meurtre du procureur Harvey Dent, huit années durant lesquelles Gotham City a renoué avec la paix et la tranquillité, huit années où Batman, recherché pour le meurtre de Dent, n'est pas réapparu. Mais cette trêve est sur le point d'être rompue, la révolution gronde sous Gotham et une armée demeurée sous-terre réclame vengeance pour toutes les injustices qu'elle a subi. cette révolte meurtrière sera menée par Bane, un personnage portant un masque sur la partie inférieure de son visage qui va forcer Bruce Wayne à endosser de nouveau le costume de la Chauve-Souris.

Dès le début le film surprend, il se passe en effet un laps de temps assez long entre les deux films et Bruce Wayne n'est même plus l'ombre de ce qu'il était, désormais milliardaire reclus. C'est finalement une jeune voleuse du nom de Selina Kyle qui va le forcer à sortir de son manoir. Il faut souligner que cette Catwoman est juste parfaite, comme on pouvait l'imaginer. Exit la catwoman névrosée jouée par Michelle Pfeiffer dans "Batman : Le Défi", enfin le personnage de Selina est traitée à sa juste valeur et c'est également une autre très bonne surprise.

En parlant des personnages, les autres ne sont pas en reste, si les Commissaires Gordon, Alfred et Fox sont de nouveau impeccables, la surprise vient du personnage de Blake, jeune policier idéaliste qui pose les bases d'un Robin indépendant et intelligent. Bien loin des faire valoir habituels. Du côté des ennemis, le personnage de Bane est bien travaillé avec une histoire bien plus intéressante et tragique que celle du Joker. Ce qu'il perd en charisme par rapport à son prédécesseur, Bane regagne très vite de l'intérêt au fur et à mesure que l'intrigue se dévoile. Enfin, le personnage de Miranda Tate tenue par Marion Cottilard est également intéressant même si le personnage est un peu en deçà par rapport au reste du casting.

Avec ses deux heure et quarante quatre minutes, on était en droit de s'inquièter de quelques longueurs dans le film, mais force est de constater que je n'ai pas vu le temps passer, Christopher Nolan parvient à conserver un rythme soutenu tout en travaillant son univers, son intrigue et ses personnages, chose qu'il n'était pas totalement parvenu à concilier dans "The Dark knight". Si le côté post 11 Septembre a été mis en avant par les médias, ce n'est pas la référence qui m'a le plus marqué, les scènes de la prise de pouvoir par Bane et son armée n'est pas sans rappeler la révolution française et ses jugements arbitraires face à ceux que le peuple estimait privilégié, le tribunal présidé par l'épouvantail renvoie même à certaines gravures de livres d'histoire.


On éprouve même par moment de la sympathie pour les actions de Bane, lorsqu'il attaque la bourse où lors de son discours sur la révolution et l'égalité des chances, et ce malgré la finalité annoncée de ses actions. Cela ajoute encore un peu plus de profondeur au film et démontre à quel point Nolan a bossé son sujet. Il a su corriger les quelques défauts de ses deux précédents films de la saga pour accoucher d'une oeuvre maîtresse qui peut s'ériger en nouvel étendard des adaptations de comics.

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08 août 2012

[Comic-Book] Relaunch DC Comic

Pour parer à une baisse chronique des ventes et de la perte de vitesse face au concurrent Marvel, DC Comics a entrepris, il y a quelques mois de relancer l'ensemble de ses séries à zéro. Ce pari risqué du géant américain a surpris beaucoup de monde et a même inquiété de nombreux fans. En france, ce renouveau correspond également à un changement d'éditeur, fini l'accord avec Panini Comics et bienvenu au petit nouveau : Urban Comics filiale des éditions Dargaud.

La politique éditoriale est intéressante, si Urban Comics publie chaque mois trois périodiques en kiosque (Green Lantern Saga, Batman Saga, DC saga) l'éditeur a également opté pour la publication de certaines séries dans de très jolis livres reliés qui sont parfois en doublon avec les revues mais qui peuvent aussi proposer des séries qui ne paraîtront pas dans les périodiques. Je vais vous proposer une petite revue des trois tomes un parus lors du lancement concernant trois séries phares de ce relaunch : Green Lantern, Batman et Justice League

 

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Green Lantern : Sinestro


Green Lantern est un héros qui a toujours eu un peu de mal à se faire une place en France, peu populaire et souvent forcé de jouer les faire-valoir de Batman ou Superman dans la ligue de justice. Cependant, son adaptation cinématographique sympathique a permis de le mettre un peu plus en avant. Après tout, c'est lui qui est officiellement en charge de la sécurité de notre planète grâce à un anneau et sa lanterne verte qui lui permettent de matérialiser tout ce qu'il souhaite. Ces reliques ont été créés par les gardiens, êtres veillant sur l'univers mais à la suite d'événements dramatiques, Hal Jordan, se retrouve destitué du corps des Green Lantern, et comble de l'humiliation, c'est son ennemi juré, Sinestro qui est choisi pour le remplacer.

Une fois réintégré, ce dernier va vite braver ses maîtres et va retrouver le héros pour lui offrir la possibilité de regagner son anneau s'il l'aide à sauver sa planète d'origine. Devant supporter une alliance contre-nature, il va affronter l'ancienne armée de Sinestro et redevenir un Green Lantern, ou presque...

Si ce lancement ne redéfinit pas les origines de Green Lantern, le point de départ est somme toute bien trouvé et permet de se familiariser avec l'univers rapidement, et ce même si l'on est novice avec ce héros. L'histoire est prenante et la relation entre les personnages devait amener des situations vraiment très intéressantes, Hal Jordan étant relégué à un rôle de soldat à la solde de son ancien mentor.

Toutefois, cette nouvelle relation ainsi que sa future évolution sont pour le moment l'unique intérêt d'une intrigue qui reste assez simpliste, nous attendrons toutefois de voir quels sont les objectifs poursuivis par les gardiens en réintégrant un ancien traître dans le corps des Grenn Lantern.

 

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Batman : La cour des hiboux

 

Là aussi, point de retour aux origines du héros. Après tout, nul besoin de présenter à nouveau ce personnage qui est l'un des super-héros les plus connus au monde. Nous retrouvons donc Bruce Wayne, aux prises avec une société secrète de Gotham qui s'est décidée à sortir du mythe pour taquiner de la chauve-souris. Le milliardaire est déjà accompagné de plusieurs acolytes (Nightwing, Red Robin, Robin) et semble déjà avoir quelques alliés (Le commissaire Gordon, Catwoman...)

L'entrée en matière choisie pour ce Batman est vraiment intéressante car déjà on nous évite un énième duel avec un super-vilain connu, s'il ne fait aucun doute que nous les retrouverons par la suite (preuve en est l'introduction de ce tome), découvrir une nouvelle intrigue et des nouveaux ennemis apportent déjà énormément à la série.

L'intrigue est réellement prenante, les auteurs ne ménagent pas le héros qui prend vraiment cher à de multiples reprises. Fragile physiquement et mentalement, Batman est vraiment un personnage qui peut offrir une réelle profondeur aux récits. De plus, le mystère est bien conservé car de nombreuses questions restent sans réponses à la fin de ce tome sans que le lecteur ne puisse deviner ce qu'il va se déroulait à Gotham.

Il faut aussi souligner le très beau travail graphique, certaines planches sont juste superbes et les auteurs, Scott Snyder et Greg Capullo, se permettent de jouer avec le lecteur pour l'immerger un peu plus dans leur histoire.

Sans fausse note, ce premier tome de Batman est une vraie réussite qu'on ne peut que conseiller.

 

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Justice League : Aux origines

 

Autre série phare de DC, Justice League était sûrement la série la plus attendue, Geoff Johns et Jim Lee devaient donc se montrer à la hauteur des espoirs des fans. Ici, le choix a été fait de raconter le début de la ligue de justice et la rencontres entre les différents membres. Certaines rencontres étant d'ailleurs plutôt amusantes à l'image d'un Green Lantern arrogant s'étonnant de l'existence d'un Batman et s'étonnant encore plus lorsqu'il va découvrir que ce dernier ne possède aucun pouvoir.
Il est bon également de préciser que ces rencontres se font dans un contexte difficile pour les super-héros, qui sont recherchés par les autorités qui voient avant tout une menace dans ces êtres aux forces dévastatrices.

Au cours d'une enquête, les héros vont découvrir que la Terre est sur le point d'être envahie par des êtres reptiliens. Ils vont donc vite devoir faire connaissance (de manière un peu chaotique il faut dire) et s'unir pour contrer cette menace. Si l'intrigue est complètement anecdotique dans ce premier tome, l'intérêt réside évidemment dans la rencontre des membres de la future Justice League et de ce point de vue, on ne peut que féliciter les auteurs pour ce tour de force. S'il manque quelques héros que l'on aurait aimé voir (mais qui devrait apparaître dans les prochains tomes comme Green Arrow), on découvre également un héros inconnu répondant au nom de Cyborg. Difficile de le juger pour le moment, mais on peut faire confiance à Jim Lee pour le rendre intéressant.

Graphiquement, il n'y a pas beaucoup de reproches à faire non plus, même si la qualité d'ensemble reste à mon avis un peu inférieur au travail effectué sur Batman. Mais on ne pourra qu'attendre la suite de Justice League avec impatience.

 

Après la lecture de ces trois premiers livres, je dois reconnaître que ce relaunch est parti sur de très bons rails, les trois histoires sont prenantes et donnent envie de lire la suite. De plus, certaines autres séries des périodiques ont aussi leur intérêt et on sera curieux de suivre d'autres héros qui connaîtront la joie d'une publication prochaine.

07 août 2012

[Roman] Gaïa

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Régulièrement, les éditions Bragelonne mettent en avant certains romans dans lesquels ils placent beaucoup d'espoir. Et depuis quelques mois, cette maison d'édition s'evertue à nous vanter le mérite des auteurs français (et ce à juste titre). Cette volonté se concrétise notamment avec la réédition du roman de Yannick Monget : Gaïa.

Ce roman était sorti une première fois aux éditions "France Europe Editions" en 2006, et c'est une version revue, corrigée et enrichie qui a été proposé fin juillet au public. L'histoire est simple, face aux diverses actions de l'humanité, néfaste pour l'environnement, celle ci commence à se révéler hostile à l'être humain. Une lutte pour la survie va s'engager avec un groupe hétéroclite de protagonistes composés à la fois de militaires, scientifiques et un PdG d'une grosse multinationale.

Ce postulat de départ n'a pas été sans me rappeler l'excellent roman "Colère" de Denis Marquet où là aussi la nature se rebellait face à l'être humain pour assurer sa survie et j'avoue avoir un peu peur d'y retrouver une histoire similaire. Mais après quelques chapitres, cette crainte s'est évanouie et j'ai ainsi pu profiter pleinement de l'histoire et des personnages. Car au final la très grande force du roman est de parvenir à éviter de tomber dans les stéréotypes, ainsi les militaires ne sont pas des stupides fous de la détente, les scientifiques ne sont pas des hippies prêts à tout pour sauver les arbres et le PdG n'est pas un égoïste prêt à tout sacrifier pour faire plus de profit. Cela permet également au récit d'éviter de constamment verser dans le militantisme, on sent parfaitement que l'auteur a pris grand soin d'offrir avant tout une histoire intéressante et non juste une leçon de morale à ses lecteurs.

La contrepartie c'est qu'on a parfois le sentiment que l'auteur ne sait pas trop quel ton donner à son histoire qui a par moment des relents de série B, ce qui n'est pas une mauvaise chose en soi mais on sent par moments que certains personnages sont là pour faire le nombre de futures victimes. Le cheminement du groupe est parfois un peu trop convenu pour tout amateur de scénario catastrophe où un groupe essaie de fuir un ennemi omniprésent et bien trop puissant. Ainsi, le groupe s'egrenne au fur et à mesure de son épopée et de ses découvertes. Cependant le tout reste diablement efficace et la menace à laquelle se retrouve confrontée l'humanité (ou plutôt ce qu'il en reste) est finalement plus complexe qu'on ne pouvait l'imaginer.

La conclusion venant après l'affrontement final vient un peu nuancer mon avis, trop d'éléments arrivant en trop peu de pages au lecteur. Si certaines révélations sont vraiment intéressantes, d'autres peuvent nous laisser perplexe pour terminer sur un postulat au goût d'inachevé et un brin moralisateur alors que l'auteur s'était efforcé d'éviter cela durant tout le roman. Cette conclusion est un peu décevante à mon goût mais n'enlève pas l'intérêt de l'histoire et la qualité globale du roman.

Que l'on soit sensible aux arguments écologistes ou que l'on apprécie tout simplement les scénarios catastrophes ou les histoires fantastiques, Gaïa est un excellent roman, étant bien plus que d'une simple fable écologiste dont le nom peut faire penser. Et je ne peux que vous conseiller de vous y plonger pour découvrir un monde post-apocalyptique où la nature passe à l'offensive.

 

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